• Novembre 2011 : prenons le contrepied du discours de rétrécissement et de repli sur soi.

     En cette période de crise et de grande confusion, prenons le contrepied du discours de rétrécissement et de repli sur soi. 

    Aucun argumentaire suffisamment convaincant pour nous éclairer sur des lendemains qui déchantent. Pas plus sur la crise politique, financière, monétaire et donc sociale que traverse l‘Europe, que sur les choix à opérer en termes de politique locale. Seulement des discours d’autosatisfaction ou de critique sans nuance.

    Cependant, les leçons de l’Histoire, les règles de morale civique largement partagées nous enseignent que tout repliement est cause de tension, voire pire, de conflit et donc à terme de déclin.

    Que ce soit pour le Président de la République ou pour certains élus locaux, « la peur » a repris place dans leurs propos comme dans leurs actes. Seuls semblent les pousser les discours à l’emporte pièce où faire un bon mot est devenu l’arme du faible. Alors, si en plus, le bon mot est repris tous azimuts par les media, il sert de cataplasme pour masquer le désarroi et l’incurie, à rebours du ton triomphant ou sarcastique employé. Il sert aussi, comme jadis un panache blanc, à souder une troupe de suivistes.

    Les responsables, actuellement aux affaires dans notre village, ont peur parce qu’ils ne disposent pas aujourd’hui d’argumentaire convaincant sur une redéfinition positive de la politique territoriale. Les idées qu’ils avancent sont purement défensives : qu’il s’agisse de répondre à la crainte qu’inspire à certains le poids d’une « grande agglo » dans laquelle s’intégrer, ou à cette même « agglo » la crainte de devenir le banquier d’une commune proclamée, à tort, dispendieuse…Comment faire pour que le rendez-vous politique qui nous attend, après le moratoire, soit le moment d’une vraie relance avec une coordination de nos petites communes ?

    Nous avons, en effet, présentement, la chance de pouvoir souffler un peu. La gauche de gouvernement, celle qui ne se contente pas de s’indigner, vient de rendre raison, après sa victoire au Sénat, à tous les élus locaux qui souhaitaient avoir le temps de peser avantages et inconvénients des différents schémas de reconstruction territoriale qui s’offrent à nous.

    L’occasion nous est une nouvelle offerte de distinguer, dans son impact positif, sur notre quotidien, l’action des majorités de gauche par rapport à celles de droite. A un moment où il est de bon ton de tromper l’opinion, y compris à Durban, en écrivant par exemple, « votez UMP ou PS, voire PS ou UMP ! L’alternance proposée c’est de choisir par qui on veut être trompé », ne craignons pas de rappeler les acquis de la gauche de gouvernement, confortons-les, au lieu de tomber dans le piège du Front national qui proclame que « le clivage droite-gauche n’existe plus, remplacé aujourd’hui par la fracture mondialistes contre nationaux ». N’oublions pas que ces contre vérités, ces amalgames ont été à l’origine du dernier conflit mondial.

    Cette confusion mentale, volontaire, à des fins strictement électoralistes, s’ajoute à une impression de fin de partie. Nos élus locaux en seraient-ils arrivés à considérer que gérer la commune est devenu un fardeau, une charge qui exige d’autres compétences que la critique, celles propres à l’ambition pour tous ? Et si pour eux, devoir se confronter aux élus de l’opposition, passage obligatoire de toute démocratie, était devenu un exercice dépourvu de sens ? si la majorité aux manettes en était arrivée à croire qu’à elle seule elle est représentative de toute la population de la commune ? si elle s’était persuadée pouvoir s’en tenir à ses propres forces et à son seul électorat, faisant fi des règles les plus élémentaires qui font qu’un conseil municipal est composé d’un maire, de ses adjoints, de ses conseillers municipaux avec ou non délégation, quelle que soit leur appartenance politique ?

    Un de nos élus, perpétuel donneur de leçons, préfère s’indigner avec les habitants de Sidi-Bouzid ou de Madrid sans se rendre compte que son propre comportement est indigne des valeurs de la démocratie.