• Mars 2013 : Ah mon Dieu que c'est long ...

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     « Ah mon Dieu que c'est long long long

    Une route sans but sans amis sans passion

    Ah mon Dieu que c'est long long long

    Une route sans illusions »

    Ces paroles d’Alain BARRIERE pouvaient nous interpeler, il y a quarante ans. Elles portent aujourd’hui à la nostalgie.

    Mais, transposées à notre quotidien durbanais, elles ne nous enchantent plus, tant elles collent à une gestion sans projet. Même nos élus s’en sont rendu compte, eux qui, pour tromper la monotonie et aider à passer le temps de leur mandature sans odeur, ni saveur, ont instrumentalisé l’un des leurs pour « faire le buzz », amuser la galerie. Sous ses casquettes multiples, il fait en sorte que chacun de ses petits articulets soit repris sur divers media et commenté. Cette répétition, besogneuse, pousse moins à la nuance qu’à la surenchère : sous les platanes, contemplant la Berre, il rencontre des canards dont il se dit l’interprète..Il n’y a pas de sot talent !

    A chacun de ses écrits, il donne l’impression de refaire le même match, celui qu’il a gagné en 2008 et dont il se plait à repasser le film : passéisme et absence mortifère de projet.

    Durbanais, sachons, tous ensemble dans l’année qui nous sépare des prochaines élections, trouver les moyens de tourner la page, de retisser du lien entre nous au lieu de manier la hachette et de cliver à qui mieux mieux.  Notre devenir commun en dépend. Mais comme rien ne peut être bâti ou reconstruit sur des malentendus, purgeons ensemble la situation présente.

    Quatre années ont passé : où en est Durban aujourd’hui ?

    Les services publics ont pu être, jusqu’à ce jour, maintenus, même si pour des raisons que les citoyens avertis comprendront aisément, la mobilisation municipale s’est concentrée sur le bureau de poste. Les seuls pourvoyeurs d’emplois dans le village sont la Maison de retraite et la supérette qui existaient avant 2008. Se sont envolées, cruellement, les promesses électorales de dynamisation de la viticulture. Durban, selon le projet municipal, devait attirer de jeunes viticulteurs. De fait, Durban ne parvient plus à préserver décemment ceux, plus anciens, qui étaient déjà implantés. Certes la faute n’incombe à personne nommément. La mairie de Durban n’a pas de responsabilité directe dans la gestion de la cave du Mont Tauch, ni dans la crise du négoce. En revanche, sa responsabilité, pleine et entière, réside dans le manque total d’anticipation, dans l’incapacité de préparer des alternatives économiques, dans une posture qui consiste à s’arcbouter sur l’existant : le seul maintien de la tradition, l’enfermement dans le seul espace rural lui servent de bannière à défaut de ressorts. Son choix, pour une intercommunalité fermée sur elle-même, l’atteste.

    Cette pauvreté économique et l’inertie qui l’enrobe sont comme englués dans la paralysie de la vie démocratique. Si on écarte le rideau de fumée que constitue le Mouvement citoyen et ses mots d’ordre répétés à l’envi, pour entrer dans les coulisses de toutes les revendications qu’il porte, que trouve-t-on ? le contraire de la démocratie : un leader autoproclamé qui veut faire adopter par quelques personnes ses idées sans débat préalable. La contestation, le croisement des points de vue sont étrangers à une mairie qui a choisi de marginaliser les élus du PS : dénigrements et ricanement lors des entrées en séance, refus de communiquer, avant les séances, les documents servant de base aux échanges jusqu’à ce jour de décembre 2012 où démissionnant en bloc, ils avaient la légitimité pour, lors d’une élection partielle, placer la question de leur participation devant les  électeurs souverains. Que croyez-vous qu’il advint ? Rien de moins que des pressions sur un jeune élu pour qu’il renonce à sa démission. Dans quel but ? disposer enfin d’une exclusivité de la parole. N’avoir rien à négocier. Ainsi ceux là même qui adorent voir l’opposition se manifester bruyamment au niveau national, recherchent un consensus local pour faire taire toute voix discordante.

     Vérité du Pouvoir

    En fait, ce que nous constatons depuis quatre ans se résume à une vision critique de la gestion passée, ce qui serait légitime dans une alternance si la critique était accompagnée de réalisme, de lucidité et d'une capacité de propositions.

    Nous attendons, à un an de l’échéance du mandat, de vraies réponses, de vraies solutions, autres que des faux fuyants, des invectives, des fables animalières ou des paroles trompeuses. Elles s’imposent d’autant plus qu’elles iraient dans le sens de la transparence si souvent prônée.  

    Parce que la vérité du pouvoir ne se trouve pas seulement dans sa conquête, mais dans son exercice, nous sommes aussi dans l’attente de quelques réponses publiques sur des questions qui intéressent tous nos concitoyens, telles celles concernant :

    - Le devenir, d’ici mars 2014, de l’ancienne zone artisanale de la Noria, condamnée après les inondations de 2005 à  une  remise dans son état antérieur d’avant construction ? 

    - La vérité sur l’état des finances de la commune, ses possibilités d’emprunt et d’investissement. Cette question sera-t-elle éclairée, cartes sur tables, ou est-elle à nouveau mise de côté pour alimenter des débats polémiques lors de la prochaine campagne ?

    - La question de l’eau dans toute ses dimensions, de la réserve à l’approvisionnement, du contenant au contenu,   y compris dans son impact sur un nouveau plan d’occupation des sols promis dès 2008 et dont le retard peut avoir d’autres raisons que techniques.

    - La question de l’activité économique du village, où pas un seul nouvel artisan, ni aucun nouveau service ne s’est implanté depuis 2008.

    - La question du bassin de vie naturel des habitants du canton tancés de façon bien hardie et fort imprudente sur les raisons pour lesquelles, ils continuent, malgré leur appartenance à d’autres communautés de communes,  à venir s’approvisionner, se soigner, s’activer (…) à Durban, plutôt qu’à Lézignan ou à Narbonne. Les agents, les personnels de santé, les commerçants n’ont pu encaisser qu’avec étonnement de telles déclarations. Quand on met ainsi en péril la vie économique de tout un village, par des propos déplacés, non maîtrisés, transmis à tous les élus du canton, n’est-il pas temps de songer à laisser la place à d’autres, moins enfermés dans des dogmes dépassés ?

    Parce que la vérité du pouvoir réside dans la capacité à s’adresser à tous, hors clan, hors clientélisme ; parce que l’intérêt général passe par le respect des personnes et la volonté de créer une atmosphère apaisée, propice aux échanges, au plaisir du vivre ensemble ; parce qu’une invitation à une réunion publique n’est pas une convocation au cours de laquelle on décompte ses fidèles et on repère les « infidèles » 

    Parce que les Durbanais dont il ne faut pas nier le bon sens observent, désemparés, tous ces coups de menton qui ponctuent l’absence d’une politique de bien-être et de développement ; parce que ce n’est pas au niveau des amitiés ou oppositions entre élus que se définit le périmètre de nos territoires, mais sur un plan économique pertinent qui conditionne la viabilité de l’ensemble et l’obtention de subventions

    Parce que la vérité du pouvoir s’exerce dans la cohésion des habitants et non dans la recherche et l’entretien de fractures, il faut être capable de travailler avec tous les Durbanais, sans exclusive, dans le respect de nos valeurs républicaines, à une autre façon de piloter collectivement ce village et de le remettre sur la voie de la prospérité.

    A suivre…