• Mars 2012 : Bobo, reste à voir ? Roi du bobard pour sûr !

     

    En réponse à l’article « Bientôt une nouvelle tête socialo-boboiste à Durban » publié dans le Petit Journal (édition du 13 au 20 mars 2012), la noria ouvre sa rubrique Points de vue à des militants socialistes de la section de Durban-Corbières

    Bobo, reste à voir ? Roi du bobard pour sûr !

    « C’est à une véritable appropriation de la parole publique à laquelle nous assistons présentement. Excusez du peu, ce sont pas moins de 12 articles qu’un élu local a pondus en ce bon mois de mars, sans que jamais la contradiction ne lui soit publiquement apportée.

    Il a transformé la page Durban du Petit Journal en tribune personnelle s’autoproclamant rédacteur permanent. Sa prose régulière incite les Durbanais, chaque mardi, à s’échanger les bons mots, lorsqu’ils sont compréhensibles. Bien évidemment un seul media ne saurait lui suffire : lorsque le thème est porteur, la presse quotidienne régionale peut en avoir aussi l’avantage et lorsque le propos n’en est qu’au banc d’essai, c’est son compte facebook qui joue l’avant-garde.

    Libre à chacun de nourrir la passion qui lui convient. Si notre élu municipal souhaite écrire, c’est son droit le plus strict et nous le respectons. Le problème n’est pas tant la place qu’il occupe que le feu nourri d’invectives, de rappels à l’ordre dont il nous abreuve depuis 2008, donnant à notre village l’image désastreuse d’une contrée en guerre civile permanente.

    Donc, Il écrit, il écrit, il écrit et nous en prenons acte. Mais, en tant qu’administré, nous nous posons une question légitime : quand trouve-t’il le temps d’agir ? de remplir son mandat d’adjoint par la réalisation d’actions utiles à la population. Tel un homme politique très en vue, il préfère cliver, créer des antagonismes plutôt que de fédérer, même si parfois le bon sens paraissant le saisir, il lui arrive de souhaiter un verre de la convivialité. Mais l’invite est alors si péremptoire, le verre présenté comme si obligatoire que le propos fait fuir plutôt qu’il n’attire.

    Mais, qu’écrit il? Pour les 12 textes recensés en mars (nous le prions de nous excuser si certains d’entre eux sont passés inaperçus, il arrive que le trop plein nuise à la digestion), nous avons décelé autant de présentations différentes de l’auteur : il peut témoigner comme « enseignant à la retraite, ancien coopérant, militant des droits de l’homme » ; s’insurger comme « militant socialiste et altermondialiste, animateur de comités consultatifs citoyens » ; dénoncer en tant qu’ «élu municipal de Durban-Corbières » ; alerter, comme cela va de soi, au nom de « Vigilance et Citoyenneté » ; donner des leçons en tant que responsable du « Mouvement pour une alternative sociale, écologique et démocratique » ; chercher à fédérer au nom du « Collectif de défense des services publics des cantons de Durban et de Tuchan » et enfin se métamorphoser en canard pour interpréter, avec une drôlerie désopilante, des propos vaseux qu’il présente comme authentiques et dont il est le seul à s’amuser !.

    Cette valse d’identités à laquelle il se prête, jouant, selon les circonstances, de la signature qu’il suppose la plus en phase avec son propos témoigne d’une inconstance que je laisse aux spécialistes le soin d’analyser. Mais, au-delà de la personne (chacun a certes ses faiblesses), ce qui importe dans le débat qu’il revendique comme « citoyen », c’est l’authenticité et non pas un jeu de faux-semblants.

    Peut-être, s’il en apporte le début de la moindre preuve, devrons accepter d’être traités de « bobos » et de porteurs de programmes « socialo-boboïstes »! Encore faut-il juger sur pièces ! Nous rappelons que nous n’avons pas la même vision du développement local, que le village ne gagne pas à se refermer sur une recherche de racines et d’identité, que la reconfiguration des territoires est l’enjeu majeur de nos contrées rurales, que le choix qui sera fait doit échapper tant aux logiques partisanes qu’aux réseaux d’amis pour préparer l’avenir. Défendre ses positions  appartient au dialogue politique et devrait mériter mieux que des quolibets et des rejets.

    Il serait temps, à plus de mi-mandat, de faire un point qui ne soit pas une fixation sur le passé dans une ambiance de revanche et de règlements de comptes, mais un échange prospectif qui articule ce que le passé récent a laissé de constructif avec ce que le présent pourrait apporter comme contribution positive. Le village s’en porterait mieux, le débat politique gagnerait en efficacité.

    En attendant, interrogeons-nous et demandons-nous comment le Roi du Bobard peut traiter les autres de Bobos. Un petit rappel du meilleur cru rafraîchira la mémoire de chacun :

    °       Le pourfendeur du Syndicat de la Berre n’est-il pas ce même adjoint au maire (désormais surnommé par lui le Vieux sage) qui choisit de démissionner de ses fonctions lorsque la rivière submergea le village  en 1999?

    °       Celui qui a incité au réemploi des anciens ateliers relais par des associations n’est-il pas le même que celui qui ameute ciel et terre sur les dangers potentiels d’un nouveau débordement de la Berre ? Ou la zone est inondable et dangereuse, ou elle ne l’est pas !

    °       Cet actuel partisan du Front de gauche pour les Présidentielles n’est-il pas celui qui durant les cantonales disait pis que pendre du Parti Communiste Français ?

    °       Celui qui se retourne aujourd’hui contre le Domaine des Pins ne fut-il pas en son temps vendeur de parcelles ?

    Nous laisserons de côté, car cela mériterait un débat public animé par un fonctionnaire du trésor, la question dite de la « dette cachée ». Chacun sait bien que les sommes empruntées, gagées sur les revenus de la commune, sont progressivement remboursées au Conseil général. Chacun sait bien que si la moindre irrégularité avait été décelée, le percepteur de l’époque n’aurait pas validé les comptes. Chacun sait bien que si des confusions comptables avaient été faites, notre élu s’en serait emparé et que des poursuites judiciaires auraient été déclenchées avec un plaisir non dissimulé.

    Bien évidemment, nous nous refusons à entretenir un permanent renvoi de balles qui irait à l’encontre de notre vision de la démocratie locale. Actuellement tout notre engagement est au service de l’alternance politique que nous appelons de nos vœux ».