• Mai 2011 - Non au fait accompli !

     

    Vers une nouvelle Communauté de communes ?

    Non au pilotage à vue

    Imposé par la loi et un calendrier serré, le nouveau découpage des intercommunalités chemine lentement, sans que les habitants de Durban s’en soient encore vraiment souciés.

    En revanche, leurs élus y travaillent, mais entre eux et comme sans boussole au gré des décisions prises par d’autres. La période des élections cantonales a mis en avant de profondes dissensions au sein de l’actuelle Communauté de Durban. Nous avons assisté à une valse hésitation sur un rapprochement présenté comme souhaité et souhaitable avec les communautés  de Tuchan et d’Agly-Fenouillèdes : un schéma hybride visant à associer, à l’encontre des traditions culturelles, administratives et des réseaux d’influence, deux départements, deux conseils généraux et au moins deux circonscriptions législatives. Cette mosaïque aurait peut-être eu l’avantage de faire nombre, mais aurait souffert très rapidement des renvois de responsabilité entre payeurs potentiels, chacun pouvant considérer que l’autre devait mettre la main à la poche.

     Pour un véritable débat

    Ce scénario est désormais oublié, non par le choix des Durbannais et des habitants des villages associés, mais de par la défection des communes d’Agly-Fenouillèdes qui retournent à leur ancrage naturel, les Pyrénées orientales.

    Les habitants de Durban l’ont plus appris par voie de presse que par participation à un choix qui pourtant les engage tous. Aujourd’hui, Durban et Tuchan, même amputées de certaines communes voisines et amies qui ont fait le choix d’autres rattachements, s’apprêtent à s’unir pour le meilleur comme pour le pire.

    Qu’y aura-t-il dans la corbeille de la mariée ?

    •  Un déficit d’image : Durban qui fut, dans l’Histoire, capitale de comté, puis sous la République chef lieu de canton et tête d’une communauté de communes risque de perdre, à très court terme, sa notoriété séculaire et le centre de gravité qu’elle occupait. Le nom de Durban va disparaître de la nouvelle dénomination au profit de celui de Corbières orientales..


    •  Une ruralité revendiquée : qui se ressemble s’assemble! dit la sagesse populaire. Encore faudrait-il que le nouvel ensemble soit viable et ne soit pas construit uniquement pour rester à l’écart de la grande communauté de communes voisine ou pour s’opposer à la majorité socialiste du département ! 


    •  Un nouvel ensemble sans atouts : mise à part la cave du Mont Tauch qui représente un lien économique vital entre nos communautés actuelles, aucune dynamique ne va tracter ce petit regroupement de territoires et de populations, le plus petit de l’Aude : rien dans le domaine de l’éducation, ni collège, ni lycée, ni centre de formation professionnelle ; rien dans le domaine hospitalier ;  pas d’antenne de chambre de commerce et d’industrie. De fait une coquille « presque vide » dans un espace rural difficile et donc à la recherche et à la merci de dotations de la Région, de l’Etat et de l’Union européenne, une situation peu confortable d’assistés en puissance ! Restera à repenser le tourisme.

     

    Le défi est-il encore surmontable ?

    « Faire plus de choses et mieux », telle est l’ambition affichée du nouveau découpage des intercommunalités. De toute évidence, Durban n’est pas actuellement sur cette ligne.

    A nous tous de demander un véritable débat « citoyen », comme il nous en fut si souvent promis, et à ne pas nous contenter d’une séance d’informations sur des décisions qui auraient pu être déjà prises.

    Il est encore temps d’exiger

    • une analyse collective, respectueuse des opinions divergentes et sans passion des compétences dévolues au nouvel ensemble et des enjeux financiers qui en découlerait.
    •  une expression chiffrée des conséquences financières pour les ménages quand on sait que moins l’on est nombreux à partager le fardeau, plus est lourde la part à porter, au moment même où la taxe professionnelle, recette principale des intercommunalités selon la loi, risque de ne pas être à la hauteur des enjeux.

     

    A nos élus des majorités municipales de prendre leurs responsabilités en s'emparant de la possibilité qu'ils ont encore de peser sur les schémas en cours de construction et de faire d’autres propositions.

    Jusqu'à la fin de l'année, les commissions départementales recueilleront les avis des communes et pourront amender le projet à la majorité des deux tiers avant que les schémas ne soient arrêtés. Sachons en profiter !