• Janvier 2012 : jouer sur les mots

    Coup de bluff : jouer sur les mots pour mieux abuser l’opinion publique.

    Cela peut être le fait du pouvoir central. C’est manifestement le cas dans l’Aude et à Durban avec la nouvelle carte scolaire. 

    Effectivement comme l’avait promis Nicolas Sarkosy, le 22 juin 2011 à Jacques Pelissard, Président de l’AMF aucune suppression nette de classes dans le primaire à la prochaine rentrée. De fait, c’est l’environnement éducatif, celui qui tient aux racines (enseignement de l’occitan) ou aux besoins d’aide spécialisée pour élèves en difficulté, mais scolarisés dans une classe ordinaire, ou encore aux remplacements qui seront touchés dès septembre 2012 à Durban. Une façon de ne pas toucher au directement visible et de laisser s’enfoncer dès le plus jeune âge ceux qui ont besoin de l’école de la République pour avoir quelque chance de s’en sortir.

    Cela peut être le fait du pouvoir local, qui contrairement à sa profession de foi lors des élections de 2008 et contrairement aux principes démocratiques élémentaires, a oublié d’informer les élus de l’opposition à la fois de la concertation sur cette question avec l’Inspection académique (concertation obligatoire, telle que le rappelle la circulaire de 2003 relative à l’élaboration de la carte scolaire) et de ses résultats. Certes qui dit concertation ne dit pas négociation, mais possibilité de dialogue. Comment la majorité peut-elle croire avoir suffisamment de poids pour affronter seule la volonté de l’Etat ? Comment peut-elle oublier qu’à une époque pas si lointaine où Durban ne connaissait pas d’embellie démographique, l’ancienne municipalité savait préserver l’école de notre école de village ? Comment réussir quand on fait du refus de rassembler les convictions et les intelligences la clef de sa conduite des affaires ?

    Cela peut venir de celui qui croit à lui tout seul incarner la légitimité démocratique et pouvoir représenter la majorité municipale ? On peut se demander comment le beau fils se retrouve dans les propos du beau père. L’utilise t’il comme franc-tireur ? est-il tout bonnement débordé par la quasi incontinence verbale dont est affligé ce trublion de la politique ? Quoi qu’il en soit le résultat est là : faute de pouvoir répondre sur le fond, tant sont flagrants les manques, les erreurs, les approximations, les hésitations de la gestion actuelle, il préfère enfourcher don dada habituel : plus de différence entre la gauche et la droite. Il cultive la confusion en laissant croire à la liberté de pensée de son mouvement citoyen.  De fait, si sous la Révolution, le mot « citoyen » a refait surface par opposition au statut de sujet, actuellement tel qu’il est instrumentalisé à Durban, il rappelle fâcheusement le fonctionnement des soviets : bientôt les candidats aux élections devront non seulement  obtenir leur adoubement devant ce faux jury populaire, mais une fois élus, ils devront rendre des comptes non pas aux électeurs, mais à ce mouvement.

    Cela peut être le fait de la représentation départementale où notre nouveau Conseiller général cherche sa place. Imaginez son angoisse, perdu dans l’enceinte du Conseil . Il ne peut rester seul. Il lui faut bien rapporter au bercail quelques radis pour prouver son utilité. Alors que peut-il faire ?  A quoi en est-il réduit pour exister ? à naviguer entre les groupes et à chercher à amadouer la majorité socialiste. Gageons que, sous peu, il fera alliance avec ceux auxquels il a juré ne jamais s’associer. Quelle belle victoire alors pour ceux qui l’ont fait monter en épingle! et pour sa suppléante, probablement sincère dans ses convictions et son combat, mais condamnée, sans rôle aucun, à jouer les utilités.

    Coup de projecteur sur l’intercommunalité

    Le silence de notre municipalité est assourdissant . Ce n’est pas parce que la gauche de gouvernement, par sa victoire aux sénatoriales, nous a procuré quelque répit, que la question n’aurait plus à être débattue ?

    Plus aucune parole publique sur ce sujet depuis le mois d’août, pas d’inscription à l’ordre du jour des (rares) conseils municipaux, plus d’article dans la presse, abondée par ailleurs par une véritable diarrhée verbale à propos de péccadilles .Et pourtant, du choix qui sera opéré dépend plus que jamais notre devenir ! Il ne s’agit pas moins que de donner de la cohérence territoriale au développement économique, touristique, social et de mutualiser de nombreuses compétences.

    Comment expliquer ce comportement ? par des tractations en coulisses ? par un manque de clarté sur ce qu’il convient de faire et sur ce qu’il vaut mieux éviter ?

    Pendant ce temps là, les services de l’Etat ne s’endorment pas. A preuve la circulaire du 12 janvier 2012 adressée aux Préfets et aux Directeurs des finances publiques de région et de département : elle les invite à maintenir le rythme pour achever les travaux juridiques, budgétaires et comptables devant accompagner, selon les choix retenus, la création, la dissolution, la fusion, la scission, l’extension de périmètre des établissements publics de coopération intercommunale.

    Derrière ce langage juridique, il s’agit de savoir ce que nous allons conserver, rembourser, acquérir, transférer…selon le cadre que nous aurons choisi de maintenir ou d’intégrer. Il s’agit de gros sous, il s’agit de confort et de services, il s’agit de prestige et de reconnaissance.

    Or, les Durbanais ne savent plus rien de ce qui les attend. Alors au travail, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux de la majorité ! Noubliez pas de communiquer ! Les Durbanais ont le droit de savoir. Vous avez l’obligation de les informer.