• Décembre 2012 : J-30

    Communauté de communes : J-30

     
    Non, ce ne sera pas la fin du monde.
    Inutile de se réfugier à Bugarach !  
    Mais attendons-nous à un sacré bouleversement
     

    La question du « pour » ou du « contre » est à ce jour derrière nous.
    Une nouvelle communauté de communes dite des Corbières orientales va voir le jour au 1er janvier 2013.
    Cette échéance, tant attendue par ceux qui tiennent le guidon à Durban (ils se réjouissent de pouvoir se retrouver entre eux),  tant redoutée par d’autres, attendue dans l’indifférence par certains n’est plus qu’une question de jours. Nous allons devoir apprendre à travailler ensemble et à tenter de prospérer ensemble.

    Légalement, ce nouveau « contrat » nous lie au moins pour six ans, mais le Préfet a rappelé qu’il valait mieux « se poser la question de notre avenir à 10 ans ». C’est là que le bât blesse ! Nous partons tête baissée dans le maintien, coûte que coûte, de notre seule identité rurale alors que nous participons dans notre quotidien à de multiples ensembles sans perdre notre âme : nous sommes audois, languedociens, français, européens selon les moments ou tout à la fois ; nous participons au bassin de vie des grandes villes voisines pour nous éduquer, nous distraire, nous soigner ; les habitants des 8 communes qui rejoignent soit Narbonne, soit Lézignan n’en resteront pas moins les villageois amis que nous connaissons. Ils auront seulement l’avantage de bénéficier d’un véritable pilotage pour le développement de l’ensemble de leur territoire et de moyens conséquents mis en commun.

    La fracture que nous redoutions tant, dès notre première édition de la noria, se concrétise au moment où le projet de loi sur les territoires va immanquablement fusionner notre canton dans un espace plus large (lien sur Repères). Alors, il ne restera plus rien symbolisant notre belle histoire et il aura fallu seulement 4 ans pour ainsi abdiquer.

    Plusieurs questions auraient certainement pu être abordées autrement. Il eût fallu envisager la réforme territoriale comme un espace nouveau à valoriser et non comme un repliement sur soi et une digue à élever entre les bien-pensants et les autres. Il aurait certainement mieux valu, plutôt que chercher à régler des comptes et le claironner dans la presse, énoncer nos points d’ancrage et ce que nous pouvions continuer à garder en partage…l’affaire est jouée.
    Désormais, tournons-nous vers l’avenir que nous avons à construire avec les neuf communes nouvelles dont nous allons partager l’aventure. Souhaitons plein succès à la communauté des communes des Corbières orientales.

    Les Durbanais ont-ils été préparés à cette nouvelle aventure ?
    manifestement, non, pour ceux des 6 villages sur 14 qui vont s’adjoindre aux 8 villages sur 9 de la contrée des Hautes Corbières et à la commune de Soulatgé. Pour le village de Durban, ils attendent toujours la réunion publique qui leur avait été promise pour septembre ! Ils savent, parce qu’ils sont gens d’expérience, que quand on s’abstient de communiquer alors que l’on s’est fait élire sur le critère de «transparence», c’est qu’il y a quelque chose qui coince !!!

    Les habitants de notre contrée savent-ils qu’ils vont constituer, par dérogation, un Etablissement Public de Coopération Intercommunale dont la population est inférieure au seuil prévu par la loi ?

    Non. Rien ne leur a été vraiment expliqué. Ils seront moins des 5000 requis (4019) et bénéficient de la dérogation prévue en faveur des villages situées en zone de montagne. Cette question de la taille critique pourrait conduire le nouvel ensemble à devoir rechercher des concours financiers pour se consolider. Rien de plus normal, quand on joue la solidarité. Mais comportement douteux quand on proclame en toutes circonstances qu’il faut se méfier de l’Etat et de l’Europe qui, pourtant, donnent plus à notre département qu’ils en reçoivent. Cette vérité est bonne à rappeler. Bientôt ils pourraient être appelés à une contribution financière accrue.

    Les habitants sont-ils informés de la fiscalité nouvelle à laquelle, faute d’être assez nombreux et assez riches, ils seront soumis ?

    Non, trois fois non. Le représentant de Durban à la Communauté des communes s’est contenté d’affirmer qu’il attendait l’avis d’un comité d’experts. Pour qui sait en quelle estime il tient d’ordinaire les experts, pour qui lit régulièrement sa prose et sait quel est son mépris à l’égard des technocrates de tout poil, quel aveu d’impuissance ! quelle reculade ! mais aussi quel masque pour cacher son impréparation et pouvoir dire «c’est pas nous ! ce sont eux» !

    Les habitants de notre contrée comprennent-ils pourquoi le délégué de Durban à la communauté des communes s’en est récemment pris avec violence aux élus de Saint-Jean-de Barrou qui avaient osé voter pour un ralliement à Narbonne ?

    Non, pas dans le détail, mais ils sont sensibles au-delà des arguments avancés par ces élus (absence de budget, indécision sur le choix du siège du nouvel ensemble) au malaise profond né du manque d’informations et de débats. Ils sont sensibles aux invectives lancées à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme lui. Ce climat est propice à la diffusion de rumeurs non contrôlées, souvent malveillantes.

    Les Durbanais vont-ils longtemps encore devoir se contenter d’approximations ?

    Non, car ils sont personnes de bon sens. Quand on leur dit que le nouvel ensemble intercommunal va conserver « la plupart des compétences actuelles », le seul mot qui les intrigue est « la plupart » et ils s’interrogent sur celles qui pourraient ne plus être couvertes. Quand on leur dit que les personnels précaires (CDD) assurant des prestations de services aux personnes seront «réemployées dans les mêmes conditions que précédemment, en fonction des besoins», ils ne voient que la restriction, celle utilisée d’habitude par les patrons pour pouvoir «dégraisser» et ils s’étonnent que le défenseur de la veuve et de l’orphelin, le soutien des révoltés de Sidi-Bouzid, le chantre des « indignés » (et nous en passons !) ait si prestement acquis le vocabulaire des responsables d’entreprise. A qui pourront-ils désormais se fier ?