• Décembre 2010 - Jeu de masques !

    Coup de maître :

    Divers mouvements aux intitulés consanguins invitent régulièrement les Durbanais à se saisir eux-mêmes des questions qui les concernent et à ne plus faire confiance à la démocratie représentative.

    Qu’il s’agisse du collectif « Citoyens des Corbières pour une alternative… », ou du « Collectif d’actions non-violentes des viticulteurs solidaires … », du Mouvement audois pour une transformation sociale… », qu’il soit encore en devenir « Comité citoyen consultatif », que la personne qui s’exprime en soit porte-parole, président ou simple membre  , il se dit qu’un unique citoyen, retraité et élu local, en tiendrait les ficelles.  Nous ne pouvons que le remercier de contribuer ainsi à animer notre village. Ce jeu de masques nous régale d’un spectacle permanent.

    Coup de rétroprojecteur :

    Il y a un an, le 15 décembre 2009, dénoncer le charcutage à visée électoraliste imposé par le pouvoir central ne pouvait qu’entraîner notre adhésion. Excellent constat ! Applaudissements nourris. 

    En revanche, s’en servir pour brocarder la soi-disant inaction de nos élus départementaux, c’était, au service d’ambitions et de rancunes  personnelles,  maquiller la réalité (autre avatar du jeu de masques).

    Coup de chapeau :

    Et depuis ce temps, que croyez-vous qu’il advint ? nos élus au Parlement, député et sénateur, appuyés par l’ensemble de leur  groupe parlementaire, ne sont pas restés inactifs. Ils n’ont pas répondu aux coups de menton, mais ils ont, avec conviction et ténacité, honoré leur mandat de représentants du peuple. Ils ont mené bataille au Parlement, voté contre le projet de loi du gouvernement. Ils ont actionné, faute d’être majoritaires, les mécanismes de recours possibles.  Le Conseil constitutionnel, le 9 décembre 2010, a annulé l’application de l’article 6 de la loi de réforme des collectivités territoriales et le tableau de répartition des conseillers territoriaux dans six départements dont celui de l’Aude.

    Ce coup de zoom donné par la procédure et sa médiatisation ne règle certes pas la question de la représentativité de nos cantons ruraux.  A nous d’aider nos élus à continuer à argumenter pour que le découpage de notre département et la constitution des communautés de communes soient respectueuses de nos traditions et de nos intérêts.

    Mais, comme nous l’enseigne « la noria des temps qui passent et reviennent », sachons trouver entre l’invitation à l’agitation sans lendemain et le combat d’idées, conduit dans le respect de notre démocratie, le juste équilibre qui permet de rester debout.

    Prenons garde, en cas contraire, à ce que contait La Fontaine :

    Une Montagne en mal d'enfant
    Jetait une clameur si haute,
    Que chacun au bruit accourant
    Crut qu'elle accoucherait, sans faute,
    D'une Cité plus grosse que Paris :
    Elle accoucha d'une Souris.